Archive pour samedi 13 octobre 2007 à 05:44

A lire, les effets pervers des peines planchers vus par un journaliste

samedi 13 octobre 2007 à 05:44

Le Monde du 12 octobre a publié un article intitulé jugements à l’aveugle qui au travers de quelques cas précis dénonce les possibles effets pervers de la récente loi sur la lutte contre la récidive quelques semaines après son entrée en vigueur.

L’article a ceci d’intéressant qu’il n’est pas l’œuvre d’un juriste et qu’il met en avant l’opinion de magistrats confrontés au quotidien à l’application de cette loi.

Le dessinateur Sardon a par ailleurs illustré l’article d’un dessin ci-dessous.

Sardon Jugemens à l'aveugle - Le Monde 13/10/2007

Samedi 13 octobre 2007
LEMONDE.FR | 12.10.07

© Le Monde.fr

Et dire que nombreux ont été ceux qui avaient évoqué les effets pervers de ce texte alors même qu’il n’était encore qu’un projet.

Il est vrai que la conception du dialogue de notre Garde des Sceaux ne laissait que peu d’espoir d’être entendu.

Les futurs magistrats écrivent au Garde des Sceaux

mercredi 10 octobre 2007 à 03:30

A lire sur Rue89.com, la lettre adressée par les auditeurs de justice (futurs magistrats) à la Garde des Sceaux qui regrettent qu’elle ait été absente à l’ENM pour le regroupement des promotions 2006 et 2007 et qui saissisent l’occasion pour l’interroger sur les points dont ils auraient souhaité débattre avec elle.

Instructif.

Défense des victimes, Rachida Dati présente son projet

mercredi 10 octobre 2007 à 03:00

Le 9 octobre 2007, le Garde des Sceaux a présenté les mesures qu’elle entend mettre en place afin de renforcer les droits des victimes d’infractions pénales.

En premier lieu, elle a indiqué adresser ce jour une circulaire aux juridictions afin que les dispositions déjà en vigueur à l’égard des victimes soient effectivement mis en œuvre.

Il s’agit la de bon sens dans la mesure ou contrairement à ce que certains peuvent laisser penser les dispositifs en faveur des victimes d’infraction existent et ont été renforcé depuis une dizaine d’années au point qu’on peut se demander s’il est nécessaire de les réformer en profondeur.

En second lieu, la Ministre a confirmé la création d’un Juge délégué aux Victimes (JUDEVI) qui devra “assurer la coordination de tous ceux qui travaillent dans l’intérêt des victimes”. Il sera chargé d’informer toutes les victimes, même celles qui ne se sont pas constituées parties civiles et il présidera la Commission d’indemnisation des victimes d’infractions.

En attendant d’avoir plus de précision sur le rôle exact de ce JUDEVI et les modalités de son intervention, quelques observations.

Lorsqu’une infraction est commise et qu’une victime est identifiée, les services de Police ou le Parquet ont déjà l’obligation de l’informer des possibilités pour elle de se constituer partie civile et de solliciter une indemnisation, de solliciter la désignation d’un avocat au titre de l’aide juridictionnelle (sous condition de ressources), de bénéficier de consultations gratuites données par des avocats dans les mairies ou au Palais de Justice.

L’avis à victime contient déjà les informations essentielles notamment pour aiguiller les victimes vers un avocat ou une association de défense des victimes.

Il semble donc que le projet ait pour but de donner pour prérogative au JUDEVI de remplir ce rôle d’information. Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué.

Curiosité, le Garde des Sceaux à évoquer toutes les victimes même celles qui ne sont pas constituées parties civiles. Or une victime dument informée de ses droits peut toutefois ne pas souhaiter participer à la procédure pénale et au procès pour des raisons diverses et qui lui sont propres.

Ainsi du propriétaire d’un véhicule victime de dégradations qui aura été pleinement indemnisé par son assureur par exemple.

Mais surtout il est question de confier au JUDEVI la mission d’assurer la coordination de tous ceux qui défendent les intérêts de la victime.

Comme l’a rappelé le Conseil National des Barreaux, le défenseur naturel d’une victime c’est l’avocat. D’abord et avant tout parce qu’une victime est une partie au procès et qu’elle peut se faire assister ou représenter par un avocat.

L’avocat aura t’il des comptes à rendre au JUDEVI quant à l’action qu’il mène pour défendre les intérêts de son client ?

Voila encore une curiosité.

D’une part, l’avocat n’a de comptes à rendre qu’à son client qui le rémunère pour défendre au mieux ses intérêts. Il s’agit d’une relation contractuelle totalement privée dans laquelle l’Etat n’a pas à s’immiscer.

A ce titre d’ailleurs, il existe déjà une autorité devant laquelle l’avocat peut répondre de son comportement en matière disciplinaire ou en cas de contestation d’honoraires, sans compter l’assurance responsabilité qui couvre les eventuelles fautes accomplies dans le cadre de sa mission.

Un client mécontent du service rendu peut à tout moment faire choix d’un autre conseil.

D’autre part, si l’avocat devait avoir des comptes à rendre au JUDEVI, cela aboutirait à une remise en cause de la compétence et de l’indépendance de toute une profession. Profession dont il convient de rappeler qu’elle est réglementée.

Ceci n’est pas tolérable.

Je me permets d’ailleurs de renvoyer Madame DATI à la lecture de la brochure éditée par le Ministère de la Justice en février 2007 intitulée “Les droits des victimes” qui outre qu’elle est accessible à tous et bien documentée met en avant la place primordiale de l’avocat (et des associations) dans la défense des victimes.

Certes le Garde des Sceaux et le Président de la République ne sont plus ceux de février 2007 mais tout de même.

Autre question importante qui se pose à la lecture des propos de la Ministre, le JUDEVI sera le Président de la Commission d’Indemnisation des Victimes (CIVI).

Pour résumer, la CIVI est une juridiction civile dont l’objectif est d’examiner les demandes d’indemnisation de victimes d’infractions lorsque l’auteur de l’infraction est inconnu, introuvable ou insolvable. Les sommes allouées par cette juridiction aux victimes sont réglées par le Fonds de Garantie des victimes d’actes de Terrorisme et d’autres Infractions (FGTI) au nom de la solidarité nationale. Le FGTI se substitue à l’auteur de l’infraction et dispose d’un recours contre celui-ci après indemnisation de la victime.

Le Président de la CIVI a donc pour mission de juger du bien fondé d’une demande d’indemnisation d’une victime lequel peut-être contesté par le FGTI. Comment peut-il être parallèlement celui qui assurera la coordination des moyens mis en œuvre pour assurer la défense des intérêts de la victime ? Il ne peut être juge et partie.

Au surplus, ce magistrat risque d’être rapidement surchargé de travail. Outre son activité juridictionnelle, il lui appartiendra d’intervenir dans toutes les procédures pénales dans lesquelles existe une victime. Je lui souhaite bien du courage.

Attendons desormais de connaître les détails de ces mesures en esperant qu’une réflexion ait lieu impliquant également la profession d’avocat et les associations de défense des victimes.

Cette reflexion est nécessaire car elle ne semble pas avoir été un préalable à l’annonce de ces mesures. Mais cela devient une habitude.

Elsa une recrue de choix pour le Ministère de l’Intérieur

mardi 09 octobre 2007 à 16:57

Certains pensent que la police de proximité est une des véritables solutions à une prévention et une lutte efficace contre la délinquance qui peut régner dans certains quartiers de notre pays. Ils y voient un moyen d’établir et de maintenir un lien entre la population et les services de Police qui ne seraient plus amener à n’intervenir qu’en cas de difficulté. Une façon aussi de ne plus faire de la police, l’ennemi, l’étranger qui ose pénétrer en territoire interdit.

Malheureusement, le passé récent démontre que nos gouvernants ne partagent pas forcément cette idée au point qu’aujourd’hui la police de proximité a quasiment disparu.

Mais citoyens de France ne vous inquiétez pas les têtes pleines qui nous dirigent ont trouvé une recrue de choix: ELSA.

Qui est-ce donc me direz-vous ? Non, ca n’est pas la remplacante de MAM au Ministère de l’Intérieur. Il faudrait plutôt dire mais qu’est ce donc ?

Il s’agit tout simplement d’un modèle de drone (Engin léger de surveillance aérienne - ELSA) dont seront bientôt dotés les services de police français. Oui, vous avez bien lu.

Si on en croit les informations livrées par France Info et d’autres médias, ces appareils pourraient être utilisés pour sécuriser certaines opérations de police, des manifestations publiques …

Sauf qu’à écouter le responsable des services techniques de la police nationale Patrick Guyonneau, il semble que l’objectif à terme soit une utilisation plus large: la surveillance de certains quartiers sensibles (dans quelles conditions ??)

Tremblez donc délinquants habitant porte de Passy, vous serez bientôt sous surveillance !

Plus sérieusement, on peut se demander si l’utilisation d’un tel outil n’aura pas pour effet une stigmatisation de certaines populations outre le risque de porter atteinte aux libertés individuelles de tout à chacun. Sur ce point, on rejoint le débat sur l’utilisation et la multiplication des caméras vidéo.

Le débat organisé sur France Info entre Monsieur le Maire de Bondy et un responsable du Syndicat National des Officiers de Police est très éclairant sur ce que la police pourrait faire de ce type d’engin (surveiller les toits de certaines cités par exemple).

Pour ma part, je trouve la mesure très forte lorsqu’on sait que ce type d’engin d’origine militaire a d’abord été utilisé par l’armée Israélienne. Or il ne me semble pas que la France soit dans une situation proche de celle d’Israël.

On nous répondra surement (comme d’habitude) que certains de nos voisins européens sont déjà équipés de la sorte et réfléchissent pour certains (Angleterre) a équipé ces drones d’un armement embarqué …

Et puisque les autres le font, c’est surement bon pour nous citoyens.

A quand ROBOCOP dans nos rues.

Deux poids deux mesures ?

mercredi 03 octobre 2007 à 14:37

“Hier quand j’étais petit” lorsque je me levais pour prendre mon petit déjeuner avant d’aller à l’école, mon papa était déjà debout et tous les matins j’avais le droit à une émission culte:

Télématin avec l’inamovible William Leymergie. C’était il y a 20 ans environ. Et il est toujours la. Ou plus exactement, en ce moment il n’est plus à l’écran la faute à un comportement violent envers un des chroniqueurs de l’émission.

A en croire la presse, il aurait étranglé l’intéressé qui se serait évanoui.

La sanction ne s’est pas faite attendre et elle est sévère: 15 jours de suspension d’antenne ^^.

Il faut dire qu’à France Télévision, on ne rigole pas lorsqu’il s’agit de sanctionner les salariés fautifs.

Libération rapporte ainsi qu’un membre du service de traduction du journal de 20 heures à l’attention du public anglophone aux Etats-Unis se serait amusé à déformer certains propos de Nicolas Sarkozy au cours d’un discours lui prêtant ainsi un ego surdimensionné (doh!)

Les représentants de l’UMP aux Etats-Unis (mais que font-ils la bàs) n’ont semble t’il pas apprécié la blague et ont alerté la direction de France Télévision qui affirme aujourd’hui que le petit comique ne travaillera plus pour la chaîne.

Deux poids deux mesures ?

Non, simple logique économique.

Il est évident qu’il est surement plus difficile de licencier un salarié violent pilier de l’antenne qui réalise une part d’audience (40%) dont France 2 a bien besoin en ce moment qu’un parfait inconnu du service de traduction qui a eu la malheureuse idée de faire une blague plutôt rigolote et pas forcément si éloignée de la réalité.

Ayons une petite pensée pour Jean-Philippe Viaud, victime de William Leymergie, et qui dans l’histoire aura probablement perdu l’occasion de poursuivre sa collaboration dans Télématin. Il doit se sentir bien soutenu par son employeur …


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