A lire, une interview de Robert Badinter

A lire dans l’édition du 10 septembre du Monde, une interview de Robert Badinter à propos de la politique du gouvernement en matière de Justice notamment quant au position de Nicolas Sarkozy qui se pose en défenseur des victimes.

Il rappelle une évidence. Si la victime a sa place dans le procès pénale en france (ca n’est pas le cas partout dans le monde), il n’en reste pas moins que “la justice pénale n’a pas pour mission d’être une thérapie de la souffrance des victimes”.

Il estime qu’il ne faut pas confondre justice et thérapie et rappeler que la justice a avant tout un rôle repressif et préventif.

Il dénonce la multiplication des textes législatifs qui ne sont votés que sous le coup de l’émotion à la suite de tel ou tel fait divers mais dont l’application n’est ensuite pas suivie.

La création d’un hopîtal-prison destiné à acceuillir les délinquants ayant purgé leur peine dont on juge qu’ils sont encore dangereux lui apparaît comme une idée dangereuse car elle consiste à détenir une personne qui aura “payer sa dette” à la société sans qu’elle n’ait commis une nouvelle infraction ni qu’elle ait de nouveau été condamnée.

“Le juge ordonnerait une détention sans infraction ni condamnation !”

Robert Badinter s’étonne également du projet de prévoir un procès en cas d’irresponsabilité pénale du mis en cause relevant que la loi permet déjà un certain nombre de dispositifs favorables à la victime:

  • possibilité de contester l’ordonnance de non-lieu devant la Chambre de l’instruction qui tient alors une audience publique à laquelle le mis en examen comparaît.
  • possibilité pour la victime de solliciter une contre-expertise psychiatrique.
  • reconnaîssance que le crime a été commis par la personne jugée irresponsable dans l’ordonnance de non-lieu.
  • possibilité pour la victime d’être indémnisée de son préjudice.
  • Quant à la création d'un Juge des victimes, il l'estime inutile ne percevant pas quel pourrait être son rôle en rappelant une évidence: La victime est une partie au procès et si elle veut faire valoir ses droits elle peut solliciter les services d'un avocat auquel il appartiendra de mettre en oeuvre les procédures adéquates.

    Ce rôle ne saurait être celui d'un juge.

    Une interview à lire car de mon point de vue, elle résume parfaitement les dérives de la politique actuelle en matière de justice pénale.

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