Archive pour la catégorie 'Legislation'

Petit rappel de la loi sur le rappel Ă  la loi

vendredi 08 janvier 2010 à 00:02

Il y a maintenant quelques semaines, les mĂ©dias se sont faits l’Ă©cho de la dĂ©cision du Parquet de Paris de clore l’enquĂŞte visant Julien Dray par un simple rappel Ă  la loi.

Ces mĂŞmes mĂ©dias ont fait Ă©tat des dĂ©clarations de certains proches ou «amis » politiques de l’intĂ©ressĂ© qui se voyaient ravis « qu’il soit rĂ©tabli dans son honneur »(Manuel Valls) et qu’il soit blanchi (voir la vidĂ©o publiĂ©e sur le site du Monde le 4/01/2010)

Peut-ĂŞtre sont-ils allĂ©s un peu vite en besogne et doit-on regretter que malheureusement, peu de journalistes aient pris le soin d’expliquer de ce qu’Ă©tait un rappel Ă  la loi, Alors pourquoi ne pas faire un rappel de la loi ?

Le retour du permis blanc ou comment mal informer ses lecteurs

mercredi 24 juin 2009 à 00:32

Le 22 juin dernier, le Parisien a publiĂ© un article intitulĂ© « Le retour du permis blanc ». Le titre de cet article a probablement Ă©tĂ© choisi pour son caractère accrocheur mais certainement pas son exactitude juridique.

Un titre accrocheur en effet alors que de plus de plus de français voient leur permis de conduire annulé après avoir épuisé leur capital point en multipliant souvent les petites infractions au code de la route.

Reste que le titre est trompeur car inexact sur le plan juridique car si le permis blanc a bien existĂ© en droit français, il n’a jamais disparu. Il ne peut donc ĂŞtre de retour !

Il convient avant toute chose d’indiquer (ou rappeler) que « le permis blanc » est un dispositif qui permet aux magistrats chargĂ©s de juger les infractions au code de la route de suspendre le permis de conduire du prĂ©venu tout en lui laissant la possibilitĂ© de conduire pour les seuls besoins de son activitĂ© professionnelle.

Droit routier, remboursement automatique de la consignation

lundi 18 mai 2009 à 23:44

En dĂ©cembre dernier, j’ai publiĂ© un article sur la procĂ©dure de contestation des contraventions pour excès de vitesse concernant les radars automatiques.

Il Ă©tait notamment prĂ©cisĂ© qu’en cas de succès de la contestation, il Ă©tait nĂ©cessaire de justifier auprès de l’administration de la rĂ©alitĂ© de la consignation pour en rĂ©cupĂ©rer le montant.

La loi du 12 mai 2009, Ă©voquĂ©e dans l’article juste en dessous, contient des dispositions en son article 3 qui rendent le remboursement de la consignation automatique.

Reste que le texte prĂ©voit que les modalitĂ©s de ce remboursement soit dĂ©taillĂ©es dans un dĂ©cret lequel n’est pas encore publiĂ© Ă  ce jour.

Dans l’attente, mieux vaut conserver le justificatif de la consignation

Enregistrement vidéo des gardes à vue, publication de la loi du 12 mai 2009

vendredi 15 mai 2009 à 12:01

La loi du 5 mars 2007 tendant Ă  renforcer l’Ă©quilibre de la procĂ©dure pĂ©nale votĂ©e notamment après le dĂ©pĂ´t du rapport de la Commission d’enquĂŞte Outreau a instaurĂ© l’obligation de procĂ©der Ă  l’enregistrement vidĂ©o des auditions en garde Ă  vue des personnes suspectĂ©es de crimes.

L’article 64-1 du Code de ProcĂ©dure PĂ©nale dispose ainsi:

Les interrogatoires des personnes placĂ©es en garde Ă  vue pour crime, rĂ©alisĂ©s dans les locaux d’un service ou d’une unitĂ© de police ou de gendarmerie exerçant une mission de police judiciaire font l’objet d’un enregistrement audiovisuel.

Toutefois, certains praticiens se sont aperçus que le législateur avait omis de nettoyer une autre disposition du Code de Procédure Pénale lors du vote de la loi.

En effet, l’article 67 dudit Code dispose:

Les dispositions des articles 54 Ă  66 sont applicables, au cas de dĂ©lit flagrant, dans tous les cas oĂą la loi prĂ©voit une peine d’emprisonnement.

Interdiction du port de la cagoule pendant les manifestations

jeudi 23 avril 2009 à 14:02

A la suite de manifestations pour le moins violentes qui se sont dĂ©roulĂ©es rĂ©cemment Ă  Strasbourg, le PrĂ©sident de la RĂ©publique et le Ministre de l’IntĂ©rieur ont annoncĂ© un dĂ©cret afin d’interdire de dĂ©filer le visage dissimulĂ©.

Le texte en serait le suivant:  » « Tout participant Ă  une manifestation publique, en dissimulant volontairement son visage dans le but de ne pas ĂŞtre identifiĂ©, serait puni de l’amende prĂ©vue pour les contraventions de 5ème classe: 1.500 euros. En cas de rĂ©cidive dans un dĂ©lai d’un an, l’amende peut ĂŞtre portĂ©e Ă  3.000 euros »

Le texte amène plusieurs remarques:

1. Comment dĂ©termine t’on qu’une personne qui dĂ©file le visage masquĂ© a pour but de ne pas ĂŞtre identifiĂ©e ?

La question est d’importance puisque le texte ne sanctionne pas le simple fait de dĂ©filer le visage dissimulĂ©. Or ne peut-on pas dĂ©filer masquĂ© sans avoir l’intention de cacher son identitĂ© ? Quelques exemples pour illustrer le propos:

La procédure de contestation en cas de contravention faisant suite à contrôle-sanction automatisé

jeudi 11 dĂ©cembre 2008 à 02:15

Le nombre de radars automatiques allant en augmentant sur le bord des routes françaises, nombreux sont ceux qui s’interrogent sur la procĂ©dure exacte Ă  suivre lorsque l’on souhaite contester ĂŞtre l’auteur de l’infraction constatĂ©e par les bandits manchots.

En thĂ©orie, la procĂ©dure Ă  suivre est indiquĂ©e dans la requĂŞte en exonĂ©ration qui accompagne l’avis de contravention adressĂ© au titulaire du certificat d’immatriculation.

Mais la pratique dĂ©montre qu’une grande confusion existe malgrĂ© tout pour beaucoup, confusion qui peut avoir pour consĂ©quence de faire Ă©chouer une contestation pourtant parfaitement fondĂ©e.

Voici donc une tentative de synthèse.

Il existe deux catégories de contestations à considérer :

  • Celles pour lesquelles aucune consignation prĂ©alable n’est exigĂ©e (I -1).
  • celles pour lesquelles la consignation est exigĂ©e (I -2).

Elles répondent globalement au même formalisme à quelques exceptions près (II).

I – Les différentes catégories de contestation :

Nouveau code du travail: Un outil utile

mardi 20 mai 2008 à 16:01

La version nouvelle du code du travail est entrée en vigueur le 1er mai 2008.

Le législateur ayant décidé de totalement chambouler la numérotation des articles des tables de concordance ont été mises à disposition du public et des professionnels.

Un outil informatique est également mis en ligne sur le site du Ministère du Travail intitulé CODACOD.

L’outil est simple, on renseigne tout d’abord un premier champs avec la numĂ©rotation de l’ancien code du travail et on lance la recherche.

Le logiciel affiche alors le(s) article(s) correspondant à la nouvelle numérotation.

L’outil est efficace mais reste la dĂ©monstration que la nouvelle codification est une vĂ©ritable usine Ă  gaz.
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Ainsi, l’ancien article L.122-14-4 du Code relatif au licenciement sans cause rĂ©elle et sĂ©rieuse comportait plusieurs alinĂ©as.

Il est dĂ©sormais Ă©clatĂ© en 7 nouveaux articles dans la partie lĂ©gislative et règlementaire …

Le divorce sans juge, sans avocat

mercredi 19 dĂ©cembre 2007 à 11:32

L’annonce d’un projet de réforme de la procédure de divorce par consentement mutuel fait vivement réagir la profession d’avocats mais aussi certains magistrats concernés que l’on entend décharger de leurs fonctions au profit du Notaire.

Les 47.000 avocats français sont ainsi en grève aujourd’hui.

Afin de comprendre cette réaction, il est d’abord nécessaire de saisir ce qu’est une procédure de divorce par consentement mutuel pour s’apercevoir qu’elle recoupe des situations multiples et parfois radicalement différentes.

Pour être synthétique, la procédure de divorce par consentement mutuel consiste pour les époux à s’entendre d’une part sur le principe même du divorce mais également sur l’ensemble de ses conséquences (familiales, fiscales, patrimoniales …).

Une fois qu’un accord sur les différents points à traiter est trouvé, les avocats des époux (ou leur avocat commun) rédigent une requête et une convention reprenant l’accord dans les moindres détails afin de la présenter au Juge aux affaires familiales.

Arche de Zoe, la convention Franco-Tchadienne d’entraide judiciaire

mardi 06 novembre 2007 à 15:58

Nul besoin de rĂ©sumer cette affaire tant elle occupe nos mĂ©dias actuellement. Toutefois, aujourd’hui il est possible de l’examiner sous un angle juridique.

Dans un premier temps, le gouvernement par l’intermĂ©diaire du Premier Ministre, de Rama YADE (mais aussi Madame DATI, hier encore) a toujours mis en avant le fait que le Tchad est un pays souverain qui doit ĂŞtre Ă  mĂŞme de juger les faits commis par des français sur son territoire.

Dans un second temps un procès en France a été évoqué et même souhaité par nos gouvernants (sans compter les familles des personnes mises en cause).

3 journalistes français et 4 hĂ´tesses de l’air ont pu regagner la France et l’Espagne suite Ă  une remise en libertĂ©.

Mais aujourd’hui, Nicolas SARKOZY est allĂ© plus loin affirmant qu’il irait « chercher tous ceux qui restent, quoi qu’ils aient fait », ajoutant que «le rĂ´le du chef de l’Etat est de prendre en charge tous les Français ».

A lire, les effets pervers des peines planchers vus par un journaliste

samedi 13 octobre 2007 à 05:44

Le Monde du 12 octobre a publiĂ© un article intitulĂ© jugements Ă  l’aveugle qui au travers de quelques cas prĂ©cis dĂ©nonce les possibles effets pervers de la rĂ©cente loi sur la lutte contre la rĂ©cidive quelques semaines après son entrĂ©e en vigueur.

L’article a ceci d’intĂ©ressant qu’il n’est pas l’Ĺ“uvre d’un juriste et qu’il met en avant l’opinion de magistrats confrontĂ©s au quotidien Ă  l’application de cette loi.

Le dessinateur Sardon a par ailleurs illustrĂ© l’article d’un dessin ci-dessous.

Sardon Jugemens Ă  l'aveugle - Le Monde 13/10/2007

Samedi 13 octobre 2007
LEMONDE.FR | 12.10.07

© Le Monde.fr

Et dire que nombreux ont Ă©tĂ© ceux qui avaient Ă©voquĂ© les effets pervers de ce texte alors mĂŞme qu’il n’Ă©tait encore qu’un projet.

Il est vrai que la conception du dialogue de notre Garde des Sceaux ne laissait que peu d’espoir d’ĂŞtre entendu.


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