Clearstream, une affaire de plomberie
Dans cette affaire, je déplore que la presse ait pu publier des actes de procédure dans la mesure ou je considère que cela peut être préjudiciable à l’enquête elle-même.
Mais en y réfléchissant un peu, je me suis demandé qui pouvait bien être à l’origine des fuites permettant aux journalistes d’être si bien informés car on peut quand même penser qu’ils n’ont pas cambriolé le bureau des juges d’instruction.
Une des réponses possibles permet de tempérer ma position première quant à la révélation de procès-verbaux d’audition dans les journaux.
Résumons les choses.
Dans ce dossier, à ma connaissance aucune mise en examen n’est intervenue de sorte que les personnes pourtant mises en cause publiquement (Gergorin, le 1er ministre, MAM) ne peuvent avoir accès au dossier par le biais de leur avocat.
Ce ne sont donc pas a priori ces personnes qui communiquent aux médias des procès-verbaux d’audition.
De même, le Général Rondot n’a que le statut de témoin. Il n’a donc pas accès au dossier soit directement soit par l’intermédiaire de son avocat. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’il souhaite qu’on lui confère le statut de témoin assisté.
Il n’a donc pas pu fournir une copie de sa propre audition. A la rigueur, il a pu communiquer ses fameuses notes et encore, sous réserves d’en avoir gardé une copie puisque ces notes ont été saisies en perquisition et placées sous scellés.
Il ne reste que quatre possibilités:
La première vise les parties civiles (Sarkozy, Strauss Khan…) et leurs avocats qui ont accès au dossier et peuvent en obtenir une copie.
La seconde vise le parquet qui bien entendu suit le dossier et peut y accéder.
La troisième concerne le greffe des juges d’instruction qui pourraient servir d’informateur aux médias.
La dernière hypothèse consiste à penser que les juges d’instruction en charge de ce dossier communiquent certaines informations aux médias afin de provoquer un effet de levier et susciter des réactions des personnes concernées par cette affaire pour ensuite pouvoir recouper ces informations au cours d’auditions officielles.
Alors qui manipule qui aujourd’hui ?
Si vous avez un tuyau, n’hésitez pas.
22 mai 2006 à 15:59
Il faut toujours se demander à qui profite le crime. Au greffier, j’en doute très fort…Aux juges d’instruction, j’en doute tout autant : l’affaire n’est pas prête d’être enterrée, au vu des différentes parties à l’instance, et ces publications leur compliquent plus le travail qu’autre chose (voyez les réactions du général Rondot)…
Restent les parties civiles (qui donc, parmis celles ci, pourrait avoir intérêt à la diffusion actuelle des pièces au jour le jour, qui, soit dit en passant, mettent quasiment toutes en cause le 1er ministre ?) et le parquet, via le garde des sceaux, qui a bien évidemment une copie du dossier sur son bureau (par le biais de ce que les parquetiers appellent le “B8″, c’est à dire les dossiers signalés).
J’ai toujours adoré le cluedo
29 mai 2006 à 9:03
2 juin 2006 à 16:37
Un tuyau, non !
Une impression, oui !