Enregistrement vidéo des gardes à vue, publication de la loi du 12 mai 2009

La loi du 5 mars 2007 tendant Ă  renforcer l’Ă©quilibre de la procĂ©dure pĂ©nale votĂ©e notamment après le dĂ©pĂ´t du rapport de la Commission d’enquĂŞte Outreau a instaurĂ© l’obligation de procĂ©der Ă  l’enregistrement vidĂ©o des auditions en garde Ă  vue des personnes suspectĂ©es de crimes.

L’article 64-1 du Code de ProcĂ©dure PĂ©nale dispose ainsi:

Les interrogatoires des personnes placĂ©es en garde Ă  vue pour crime, rĂ©alisĂ©s dans les locaux d’un service ou d’une unitĂ© de police ou de gendarmerie exerçant une mission de police judiciaire font l’objet d’un enregistrement audiovisuel.

Toutefois, certains praticiens se sont aperçus que le législateur avait omis de nettoyer une autre disposition du Code de Procédure Pénale lors du vote de la loi.

En effet, l’article 67 dudit Code dispose:

Les dispositions des articles 54 Ă  66 sont applicables, au cas de dĂ©lit flagrant, dans tous les cas oĂą la loi prĂ©voit une peine d’emprisonnement.

On comprend alors tout de suite que le texte nouveau sensĂ© ne s’appliquer qu’aux faits qualifiĂ©s de crimes se voit Ă©galement applicables aux dĂ©lits flagrants et Ă  condition qu’ils fassent encourir une peine de prison.

Autant vous dire qu’il s’agit d’une grande majoritĂ© des dĂ©lits qui sont quotidiennement traitĂ©s par les tribunaux correctionnels dans le cadre de la procĂ©dure de comparution immĂ©diate.

La Chancellerie considĂ©rant que le texte initial avait vocation Ă  ne s’appliquer qu’aux crimes n’a donc donnĂ© d’instructions aux parquets afin que les gardes Ă  vue en matière de dĂ©lits flagrants soient pas filmĂ©es.

Certains avocats ont donc invoquĂ© la combinaison de ces deux textes pour soutenir l’irrĂ©gularitĂ© des procĂ©dures de garde Ă  vue pour des dĂ©lits flagrants qui n’avaient pas faits l’objet d’enregistrement vidĂ©o.

Ils ont obtenu certains succès notamment devant les Juges des LibertĂ©s et de la dĂ©tention saisis dans des dossiers d’Ă©trangers placĂ©s en rĂ©tention administrative après leur garde Ă  vue.

Le sĂ©jour irrĂ©gulier est un dĂ©lit puni d’une peine d’emprisonnement et qui le plus souvent est constatĂ© en flagrance, lors par exemple d’un simple contrĂ´le d’identitĂ©.

Ils ont été suivi par certaines décisions en appel.

Les Parquets ont reçu des instructions pour interjeter systĂ©matiquement appel des dĂ©cisions d’annulation de procĂ©dure.

Mais les premiers arrĂŞts de la Cour de Cassation n’Ă©tant attendus que pour le courant du mois de juin, le gouvernement a donc fait voter un article 133 au sein de la loi du 12 mai 2009 de simplification et de clarification du droit et d’allègement des procĂ©dures (un titre allĂ©gĂ© …).

Celui-ci modifie l’article 67 du Code de ProcĂ©dure PĂ©nale par l’ajout de la phrase suivante:

Les dispositions des articles 54 Ă  66 sont applicables, au cas de dĂ©lit flagrant, dans tous les cas oĂą la loi prĂ©voit une peine d’emprisonnement, Ă  l’exception de celles de l’article 64-1.

Le dĂ©bat est ainsi clos sur le fait de savoir si le texte devait ou non s’appliquer en matière de dĂ©lit flagrant alors que plusieurs thèses s’opposaient.

Reste qu’il sera intĂ©ressant de connaitre la position de la Cour de Cassation dans les dossiers dont elle est saisie puisque la loi du 12 mai ne peut avoir d’effet rĂ©troactif (publication JORF n°0110 du 13 mai 2009 page 7920
texte n° 1)

Toutes les procĂ©dures antĂ©rieures Ă  l’entrĂ©e en vigueur de la loi sont donc toujours susceptibles d’annulation.

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