Le Petit Nicolas a encore perdu une occasion de se taire
Je ne fais pas dans le politique habituellement car je suis un de ses désabusés dont on nous parle souvent dans les médias.
Mais pour le coup, il faut bien reconnaître que le Petit Nicolas a encore perdu une occasion de se taire en intervenant publiquement pour demander la remise en liberté de René Dahan.
Les faits sont simples: En rĂ©sumĂ©, 3 hommes armĂ©s dĂ©barquent un soir chez Monsieur Dahan afin de le cambrioler mais lui et son Ă©pouse sont prĂ©sents. Ils subissent alors tous les deux des violences et le mari fini par dĂ©sarmer un de ses agresseurs et fait usage de l’arme. RĂ©sultat un mort et deux hommes en fuite qui seront interpellĂ©s plus tard puis incarcĂ©rĂ©s.
Mais si la justice est bien entendu saisie des faits dont ce couple a Ă©tĂ© victime, le parquet a aussi jugĂ© utile d’enquĂŞter sur les circonstances de la mort d’un des trois cambrioleurs. Et dans ce cadre, Monsieur Dahan a Ă©tĂ© placĂ© en dĂ©tention provisoire.
Et voila que le Ministre de l’intĂ©rieur, qui doit estimer que dès lors qu’une procĂ©dure pĂ©nale est en cours il se doit de donner son avis, se fend encore une fois de dĂ©clarations surprenantes.
On apprend en effet qu’il est intervenu officiellement et personnellement auprès du Garde des Sceaux pour solliciter la remise en libertĂ© de « cet honnĂŞte homme » estimant que sa place n’est pas en dĂ©tention.
RĂ©ponse du Garde des Sceaux: Qui ĂŞtes vous pour interfĂ©rer avec une enquĂŞte en cours et une dĂ©cision de justice (celle ordonnant la dĂ©tention de Monsieur Dahan). Le Garde des Sceaux surement pour Ă©viter que la polĂ©mique ne s’installe rappelle au passage que le dossier en l’Ă©tat ne laisserait pas apparaĂ®tre que les conditions de la lĂ©gitime dĂ©fense soient remplies.
Si l’on peut surement trouver des circonstances attĂ©nuantes Ă ce Monsieur Dahan, je suis sĂ»r que le juge d’instruction chargĂ© du dossier ne manquera pas de le faire, il n’en reste pas moins qu’il est scandaleux qu’un ministre (qui plus est un ministre qui n’est pas le garde des sceaux) puisse se permettre d’intervenir ouvertement dans une affaire individuelle.
Monsieur Sarkozy serait-il donc Dieu le Père qu’il aurait en charge le destin de chacun d’entre nous personnellement ?
…
Un conseil donc, votez Sarkozy en 2007. De la sorte si vous veniez Ă commettre une infraction (par exemple passer devant un radar automatique en excès de vitesse), vous seriez surement fondĂ© Ă demander au Petit Nicolas d’intervenir en votre faveur.
En attendant, s’il pouvait prendre quelques vacances ca nous ferait du bien, plus exactement ca me ferait du bien.
10 novembre 2006 à 10:40
Il faudrait se comprendre. le droit des agresseurs en France est supĂ©rieur au droit des victimes. En effet, il y a un problème. Les agresseurs sont dehors et l’agressĂ© est en prison.
S’il a Ă©tĂ© incarcĂ©rĂ© c’est, soit disant pour le protĂ©ger ! Pas parce qu’il Ă©tait coupable de s’ĂŞtre dĂ©fendu. Il y a rĂ©ponse mesurĂ©e d’autant plus que l’arme ne lui appartient pas et qu’il n’y avait pas volontĂ© de tuer Ă©tant donnĂ© que l’homme est tombĂ© par la fenĂŞtre !
Il faut Ă©viter les amalgames et Nicolas Sarkozy, devant une situationexceptionnelle a demandĂ© une rĂ©ponse exceptionnelle. Vouloir en faire une règle n’est pas la question, la justice doit avant tout ĂŞtre juste et c’est dans ce cadre que le Ministre de l’IntĂ©rieur a demandĂ© Ă son collègue d’ĂŞtre particulièrement attentif au dossier.
10 novembre 2006 à 20:59
Je crois que le bien fondĂ© de l’histoire ne porte pas sur les faits en eux mĂŞmes.
On a une police, on a une justice.
A ma connaissance ce sont eux qui sont chargés de cette affaire.
Sarko, ou qui que ce soit d’autre d’extĂ©rieur Ă la procĂ©dure, n’a pas Ă intervenir…
Je pense, d’ailleurs, qu’Ă la longue, Ă vouloir jouer les spectaculaires pompiers de service , ça finira par le desservir…
11 novembre 2006 à 3:45
Balsam, sauf que ca n’est pas le ministre de l’intĂ©rieur qui rend la justice au nom du peuple francais. Son intervention n’a aucune raison d’ĂŞtre.
Je ne dis pas qu’il n’a pas le droit de penser que l’incarcĂ©ration n’Ă©tait pas justifiĂ©e mais en tant que ministre de l’intĂ©rieur, ca n’est pas son rĂ´le d’intervenir dans un dossier dont est saisi la justice, pas plus d’ailleurs que le rĂ´le du garde des sceaux.
On a suffisament critiquĂ© les interventions de ce genre dans des dossiers ou des hommes politiques Ă©taient impliquĂ©s pour ne pas les tolĂ©rer d’une façon gĂ©nĂ©rale.
Ps: vous commetez une erreur en affirmant que les agresseurs de ce Monsieur sont libres, ils sont en dĂ©tention provisoire. Ils n’avaient simplement pas encore Ă©tĂ© interpellĂ©s au moment de l’ouverture de l’information concernant rĂ©nĂ© Dahan.
12 novembre 2006 à 1:29
Tout d’abord, je dĂ©couvre votre site, qui ne comporte pas de rubriques « auteur » et « contact ». J’observe que vous ĂŞtes un homme, ce que le nom de votre blog ne disait pas : pouvez-vous l’expliciter ?
En deuxième lieu, si l’on peut regretter que Nicolas Sarkozy fasse autant de tapage autour de chacune de ses « interventions Ă©lectoralistes », nul, Ă part lui et Pascal ClĂ©ment, ne sait quelle demande son courrier contenait exactement : peut ĂŞtre demandait-il, tout simplement, que le Parquet GĂ©nĂ©ral, qui tient les rĂŞnes du rĂ´le de la Chambre de l’Instruction, comme vous le savez, presse le pas pour audiencer la demande de libĂ©ration du mis en examen incarcĂ©rĂ© Ă titre provisoire le temps que sa femme soit interrogĂ©e par le juge d’instruction.
Troisièmement, il ne vous a pas Ă©chappĂ© que la formule retenue par le JLD de l’espèce est celle prĂ©vue par la nouvelle, xième, loi sur la dĂ©tention provisoire, prĂ©sentĂ©e rĂ©cemment au Conseil des Ministres, donc non en vigueur. Quant Ă moi, je trouve aussi rĂ©voltant d’incarcĂ©rer les gens Ă titre provisoire pour 4 jours maximum, plutĂ´t que crĂ©er une Ă©quipe de juges d’instruction de garde pour faire les premiers interrogatoires, que d’incarcĂ©rer un tĂ©moin, y compris Ă Fleury MĂ©rogis (c’est arrivĂ© Ă une cliente), pour une nuit sous prĂ©texte qu’il fait l’objet d’un mandat d’amener d’un juge d’instruction distant de plus de 200 kms mais accessible en 1 heure de TGV !
12 novembre 2006 à 23:40
Mon blog ne donne effectivement aucune indication sur mon appartenance Ă l’un ou l’autre sexe. C’est comme ca.
Pour le reste, je maintiens ce que j’ai dis. Je ne me prononce pas sur le fond du dossier que personne ne connaĂ®t et que le ministre de l’intĂ©rieur n’a d’ailleurs pas Ă connaĂ®tre non plus.
Vous mentionnez la dĂ©cision du JLD, j’aimerai savoir comment vous en avez connaissance de façon si prĂ©cise.
Ensuite le contenu de la lettre que vous mentionnez est plutôt un coup de téléphone que Mr Sarkozy a revendiqué avoir passé au garde des sceaux pour demander une intervention dans un dossier particulier.
Le plus drĂ´le, c’est qu’un coup Mr Sarkozy critique les juges lorsqu’ils les estiment laxistes Ă l’Ă©gard de nos jeunes de banlieue et que le lendemain il les critique de nouveau mais cette fois ci car ils ont Ă©tĂ© finalement trop sĂ©vère.
Dur dur d’ĂŞtre magistrat en ce moment.
13 novembre 2006 à 10:05
Bonjour,
C’est tout de mĂŞme Ă©trange que cette intervention puisse provoquer des rĂ©actions autres que celle de l’Ă©tonnement.
D’un point de vue strictement juridique d’abord, notre rĂ©publique, et cela depuis fort longtemps, est fondĂ©e sur un principe fondamental de sĂ©paration des pouvoirs.
Un ministre, quelqu’il soit, en tant qu’Ă©manation du pouvoir exĂ©cutif ne peut en aucun cas intervenir sur le pouvoir judiciaire. Un point c’est tout !
Mais il est vrai que ce principe est depuis quelques annĂ©es sans cesse mis Ă mal… Alors, peut ĂŞtre avons nous changĂ© de philosophie depuis, sans que je m’en aperçoive ???
D’un cĂ´tĂ© plus « humain », bien sĂ»r que l’on peut se dire de prime abord que cette personne a bien fait de se dĂ©fendre, et que l’on aurait sĂ»rement rĂ©agi de la mĂŞme façon.
Pour autant, ce n’est pas Ă un ministre de venir valider une telle rĂ©action : dĂ©cidĂ©ment, le petit Nicolas est vĂ©ritablement et indĂ©niablement le champion toutes catĂ©gories de l’effet d’annonce.
» Je chasse les mĂ©chants et dĂ©fends le gentil…. Votez pour moi, … Nicolas Sarkosy… » (dĂ©solĂ© pour la rime, je n’ai pas trouvĂ© mieux ».
14 novembre 2006 à 19:07
Je suis dĂ©solĂ© Mme BLIN de donner l’impression de m’opposer Ă vous Ă chacune de vos interventions, mais je suis encore totalement en dĂ©saccord avec vous.
Quant au premier point, si la forme m’Ă©tonne, il ne concerne que le maĂ®tre des lieux et vous.
Sur le deuxième point, il me semblait pour avoir lu quelques auteurs fameux du 18ème siècle qu’un pays oĂą la sĂ©paration des pouvoirs n’Ă©tait pas assurĂ©e n’avait point de constitution. Qu’un ministre d’Etat, membre dĂ©s lors de l’exĂ©cutif, se permette, pour quelque motif que ce soit, d’intervenir dans une affaire judiciaire en cours, voilĂ qui doit inquiĂ©ter. Je suis Ă©tonnĂ© (en rĂ©alitĂ© pas tant que ça, mais bon…) que le milieu politique ne le soit pas plus que cela, au moins chez ceux qui se veulent dĂ©mocrates. Concernant l’audiencement par le parquet gĂ©nĂ©ral, soyons sĂ©rieux : l’article 194 du code de procĂ©dure pĂ©nale indique que le parquet gĂ©nĂ©ral doit mettre l’affaire en l’Ă©tat et la transmettre Ă la chambre de l’instruction dans les quarante huit heures en matière de dĂ©tention provisoire. Plus court comme dĂ©lai, on ne peut pas. J’ai quelques doutes, concernant qui plus est l’ancien avocat qu’est Nicolas S., qu’il ait voulu faire dans le procĂ©dural : ça n’est pas porteur, dĂ©magogiquement parlant.
Sur le troisième point, vous ne cesserez de m’Ă©tonner : le JLD aurait appliquer une loi non encore en vigueur…Sans commentaire.
Enfin, sur le mandat d’amener concernant un tĂ©moin, c’est impossible. Je ne sais pas ce que votre « cliente » vous a racontĂ©, mais les mandats sont dĂ©livrĂ©s contre les personnes contre lesquelles il existe une ou plusieurs raisons plausibles de soupçonner qu’elles ont commis une infraction, concernant le mandat de recherche, et contre lesquelles il existe des indices graves ou concordants rendant vraissemblable qu’elles aient pu participer Ă la commission de l’infraction, pour reprendre les termes de l’article 122 du CPP. Seule la force publique peut ĂŞtre utilisĂ©e contre un tĂ©moin, jamais l’incarcĂ©ration.
Concernant votre proposition d’Ă©quipe de juges d’instructions, alleluia, plus on est de fous et plus on rit : expliquez moi quand mĂŞme comment Ă trois, douze ou cinquante, on peut interroger quelqu’un en empĂŞchant dans le mĂŞme laps de temps le mis en cause d’aller communiquer avec ce tĂ©moin capital, sans mesure coercitive Ă exercer contre ce mis en cause. Qu’on le veuille ou non, les mesures coercitives sont nĂ©cessaires. Seule leur durĂ©e peut prĂŞter Ă dĂ©bat.
16 novembre 2006 à 13:24
Que Nicolas Sarkozy quitte le gouvernement. Sa position me paraĂ®t parfaitement juste mais, en tant que Ministre de l’IntĂ©rieur, il n’est effectivement pas censĂ© intervenir publiquement. Il le fait en effet en tant que candidat et cela fait dĂ©sordre.
Pour autant, je m’amuse de remarquer que c’est bien le seul sujet qui fait rĂ©agir ici alors qu’il faudrait tout de mĂŞme s’interroger sur le nĂ©cessitĂ© de placer en dĂ©tention un homme dont nul n’a prĂ©tendu qu’il ait un passĂ© judiciaire quelconque, dont on ne peut guère douter qu’il se prĂ©sente aux futures convocations et dont le geste, effectivement on ne peut plus grave, n’a toutefois Ă©tĂ© provoquĂ© que par l’intrusion d’un homme armĂ© Ă son domicile. En toute franchise, mĂŞme si je regretterais certainement toute ma vie mon geste, je ne suis pas certain, dans la panique, l’excitation, la peur, de ne pas avoir la mĂŞme rĂ©action que Monsieur Dahan.
Que les pĂ©nalistes me dĂ©trompent si nĂ©cessaire, mais la garde Ă vue n’est-elle pas suffisante dans un tel cas ? S’il s’agissait de le protĂ©ger, ne pouvait-on lui conseiller d’aller dormir chez son beauf plutĂ´t que de le mettre en taule ?
Gascogne, vous nous parlez du fait d’empĂŞcher une personne d’aller communiquer avec un tĂ©moin. Vous pensez que Monsieur Dahan avait un complice ?
Alors, soit, sous la rĂ©serve de Marie-Christine Blin que l’on ne sait ce qu’il y avait dans la demande de Sarko Ă ClĂ©ment, cette intervention est malvenue mais, sur un blog d’avocat, ne pouvait-on s’attendre Ă tout le moins aussi Ă quelques interrogations sur l’opportunitĂ© de cette mise en dĂ©tention ?
16 novembre 2006 à 17:51
je veux bien m’interroger sur les raisons du placement en dĂ©tention de ce Monsieur. Reste que pour le faire sĂ©rieusement, il faudrait accĂ©der au dossier et ne pas se contenter des informations parues ici et la dans la presse.
La lĂ©gitime dĂ©fense telle qu’on l’entend au sens juridique n’est pas nĂ©cessairement celle Ă laquelle le non juriste peut penser.
Combien de gens savent par exemple qu’on exige un principe de proportionalitĂ© entre la dĂ©fense et l’attaque subie ?
Combien savent que dès lors que la victime n’est plus en danger immĂ©diat elle doit tout simplement tourner les talons afin d’Ă©viter la confrontation ?
Alors oui, on peut discuter pendant des heures mais sans le dossier, ca me paraît difficile sauf à émettre des hypothèses.
J’ai cru comprendre que Monsieur DAHAN par exemple avait fait feu Ă deux reprises, je ne suis pas convaincu que ce point soit très favorable pour retenir la thèse de la lĂ©gitime dĂ©fense alors que son agresseur Ă©tait dĂ©sarmĂ©.
Vous Ă©voquez par ailleurs le fait qu’on aurait placĂ© en dĂ©tention provisoire un homme sans antĂ©cedents judiciaires. C’est certes un point important mais lĂ©galement ca n’est pas exclusif au regard de la dĂ©tention provisoire.
art.144 CPP:
« »La dĂ©tention provisoire ne peut ĂŞtre ordonnĂ©e ou prolongĂ©e que si elle constitue l’unique moyen :
1Âş De conserver les preuves ou les indices matĂ©riels ou d’empĂŞcher soit une pression sur les tĂ©moins ou les victimes et leur famille, soit une concertation frauduleuse entre personnes mises en examen et complices ;
2Âş De protĂ©ger la personne mise en examen, de garantir son maintien Ă la disposition de la justice, de mettre fin Ă l’infraction ou de prĂ©venir son renouvellement ;
3Âş De mettre fin Ă un trouble exceptionnel et persistant Ă l’ordre public provoquĂ© par la gravitĂ© de l’infraction, les circonstances de sa commission ou l’importance du prĂ©judice qu’elle a causĂ©. »
Le passĂ© de l’interressĂ© on le retrouve au 2°. On voit que d’autres critères entre en jeu et notamment ce qui a pu surprendre certains la nĂ©cessitĂ© de protĂ©ger la personne mise en examen.
Mon post avait juste pour objectif de souligner que notre ministre de l’intĂ©rieur n’a pas Ă s’immiscer dans une procĂ©dure en cours, pas de faire un cours sur la dĂ©tention provisoire qui a fait l’objet d’un post il y a quelques semaines/mois
http://asteroid257.free.fr/index.php/2006/02/28/lexception-devenue-regle-la-detention-provisoire/
17 novembre 2006 à 19:00
SR,ko, on le voit partout, parler de tout et de n’importe quoi. On dirait un godemichĂ© gĂ©ant (euphĂ©misme, sic !) surmontĂ© d’une des marionnettes de Guignol (celle avec le karcher) et vibrant Ă la moindre espĂ©rance de remontĂ©e mĂ©diatique.
17 novembre 2006 à 21:31
Non, Koz, que NS intervienne en tant que candidat ou en tant que ministre m’est complĂ©tement indiffĂ©rent. C’est qu’il intervienne tout court qui me choque. Et après, on nous fera croire qu’il n’y a pas d’intervention plus discrète, car pas dĂ©mago, pour les copains politiques ? C’est ça, la dĂ©mocratie ? C’est ça, le respect de la sĂ©paration des pouvoirs, sans lequel une sociĂ©tĂ© n’a point de constitution pour reprendre quelques textes visiblement surannĂ©s ?
Quant au dĂ©bat sur la lĂ©gitime dĂ©fense, on peut penser comme les amĂ©ricains que Nicolas aime tant qu’ĂŞtre armĂ© pour pouvoir se dĂ©fendre est un droit constitutionnel, why not, mais on voit le rĂ©sultat en terme de morts par arme Ă feux. Dans le dossier Dahan, que je ne connais pas plus que les autres, il semble qu’il y ait eu plusieurs coups de feu, tirĂ© dans le dos de la victime, alors que celle-ci s’enfuyait. Les conditions de la lĂ©gitime dĂ©fense n’Ă©taient dĂ©s lors nullement constituĂ©es. Le fussent-elle que c’est Ă l’instruction de le dĂ©terminer, pas Ă un ministre, puisqu’il y a meurtre. Le tĂ©moin dont je parlais Ă©tait la femme de M. Dahan, seule personne, tant que les deux autres cambrioleurs Ă©taient en fuite, Ă pouvoir dĂ©crire la scène. Il n’est donc pas choquant que dans l’attente, on fasse tout pour Ă©viter qu’ils communiquent et mettent au point une version qui ne serait pas conforme Ă la rĂ©alitĂ©.
Vous remarquerez d’ailleurs que la justice laxiste, incompĂ©tente et si lente a procĂ©dĂ© Ă cette audition, ainsi qu’Ă l’interpellation des deux autres cambrioleurs, dans les jours qui ont suivis, ce qui a permis de remettre en libertĂ© notre brave commerçant, et de rassurer Mme Michu.
Au fait, il Ă©tait oĂą, Nicolas, pour fĂ©liciter les magistrats ? Ah, ben non, c’est pas assez populiste, comme dĂ©marche…
18 novembre 2006 à 19:30
Juste quelques petites remarques que j’ai piochĂ©es dans des blogs de-ci de-lĂ :
1) Dans une affaire comme celle-ci, au regard de l’opinion publique qui estime que la Justice de son pays est une institution qui part (trop) souvent Ă la dĂ©rive (idem pour la sĂ©curitĂ© du citoyen), et qui est aussi quelques fois « manipulĂ©e », il aurait Ă©tĂ© plus prudent et plus sage de prendre une dĂ©cision bien plus Ă©tudiĂ©e avant de placer M. Dahan en dĂ©tention provisoire. Il y avait sans doute d’autres solutions moins choquantes pour l’opinion publique. (Cela montre une fois de plus le fossĂ© qui existe entre justiciables et magistrats).
2) Dans une affaire comme celle-ci, il est fort probable que lorsque M. Dahan a Ă©tĂ© placĂ© en dĂ©tention provisoire, la police avait dĂ©jĂ fait une grande partie de son travail, Ă savoir, interroger tous les tĂ©moins (dont M. et Mme Dahan). S’il y avait eu risque de collusion entre les Ă©poux Dahan, les premières dĂ©clarations, « dans le vif de l’action », l’auraient dĂ©jĂ soulevĂ©e.
3) Nous sommes en France. Tout le monde (plutĂ´t tous ceux qui ont une voix qu’on entend), hauts magistrats, hauts fonctionnaires, politiciens, … intervient dans le paysage mĂ©diatique dès qu’un Ă©vĂ©nement marquant a lieu. NS en a fait de mĂŞme. Il y a peut-ĂŞtre un calcul politique dernière lui, mais c’Ă©tait aussi son rĂ´le car, Ă mon sens, les premières dĂ©cisions Ă l’Ă©gard de M. Dahan sont une atteinte Ă « l’intĂ©gritĂ© » de la sĂ©curitĂ© du citoyen. Dans un sens, il aurait dĂ» bĂ©nĂ©ficier du doute quant Ă son geste.
4) A l’Ă©coute des explications qui ont motivĂ© la mise en dĂ©tention de M. Dahan, il me semble qu’on pinaille sur des dĂ©tails au sujet de la dĂ©finition prĂ©cise de la lĂ©gitime dĂ©fense. Comme si celle-ci Ă©tait un geste bien prĂ©cis, dans une situation bien dĂ©terminĂ©e… Une agression et ses consĂ©quences n’est pas quelque chose de scientifiquement prĂ©visible.
Tout peut arriver en une fraction de seconde, et mĂŞme (en gĂ©nĂ©ral c’est assez rare) que l’agresseur devienne victime. Il ne faut pas pour autant inverser les rĂ´les.
5) Il est possible que l’intervention de NS n’est pas eu plus d’effet que la suite logique de la mise en dĂ©tention de M. Dahan, Ă savoir qu’il devait ĂŞtre rapidement remis en libertĂ©. On ignore si c’est l’intervention de NS qui a provoquĂ© cette mise en libertĂ© ou si elle a Ă©tĂ© faite normalement en suivant la procĂ©dure normale. De fait, et faute d’informations prĂ©cise Ă ce sujet, l’opinion publique est en droit de penser que si NS n’Ă©tait pas intervenu M. Dahan serait encore en dĂ©tention. Une fois de plus, les plus hautes instances judiciaires, de leur tour d’ivoire, ont estimĂ© qu’il n’Ă©tait pas utile de communiquer avec l’opinion publique pour calmer les choses.
Avec cette affaire, nous assistons plus Ă une querelle de « grands seigneurs » qu’Ă une remise au clair des règles de l’institution judiciaire.
… ça aussi c’est bien français !
19 novembre 2006 à 13:24
Ps: j’ai oubliĂ© de prĂ©ciser que je suis loin, très loin (et pour cause), de partager les idĂ©es et propos de NS. Mais faut arrĂ©ter de pousser mĂ©mĂ© dans les orties (ou le purin d’ortie… encore une affaire oĂą le monde du Droit s’Ă©gare ; dĂ©solĂ© pour cette parenthèse, je suis jardinier).
C’est Ă force de voir et d’entendre des dĂ©cisions judiciaires Ă première vue incomprĂ©hensibles ou inaccessibles par le vulgus pecum, que ce dernier fini par prendre la dĂ©fense du premier « mauvais ange » qui prononce les mots qui rassurent un peu. C’est sans dout la dĂ©finition de la dĂ©magogie mais c’est une rĂ©alitĂ© bien humaine que d’ĂŞtre sĂ©duit, par la beautĂ© du diable.
En somme, je me suis un peu fait l’avocat du diable.
VP
19 novembre 2006 à 14:56
VP:
1) Je suis surpris de votre remarque quand Ă l’opinion publique. Dans l’affaire outreau, on a critiquĂ© (surement Ă juste titre) les magistrats trop sensible au poids de l’opinion quand on a incarcĂ©rĂ© les mis en examen.
Dans l’affaire dahan, vous voulez maintenant que la justice intègre le critère de l’opinion publique mais Ă l’inverse, pour Ă©viter un placement en dĂ©tention provisoire.
Je pense pour ma part qu’un magistrat quelqu’il soit ne devrait pas se soucier de l’opinion publique (dans un sens ou dans l’autre) lorsqu’il doit statuer sur la libertĂ© de quelqu’un. Seul le dossier (les faits, les necessitĂ©s de l’enquĂŞte) et la personalitĂ© de l’interressĂ© doivent ĂŞtre pris en compte.
C’est d’ailleurs le dĂ©bat qui existe sur la notion de trouble Ă l’ordre publique prĂ©vu par l’article 144 du code de procĂ©dure pĂ©nale
2) Qu’en savez-vous ? Avez-vous accès au dossier ? Dans la nĂ©gative, ce commentaire n’est qu’hypothèse.
3) « Il y a peut-ĂŞtre un calcul politique dernière lui, mais c’était aussi son rĂ´le car, Ă mon sens, les premières dĂ©cisions Ă l’égard de M. Dahan sont une atteinte à “l’intĂ©grité” de la sĂ©curitĂ© du citoyen ».
Non, ca n’est pas le rĂ´le d’un ministre de s’immiscer dans une affaire en cours et de juger les dĂ©cisions qui ont Ă©tĂ© prises. Si le parquet n’Ă©tait pas satisfait du placement en dĂ©tention provisoire, il pouvait faire appel (il l’a fait d’ailleurs), le mis en examen pouvait faire de mĂŞme. Chacun son rĂ´le, chacun sa place.
4) « A l’écoute des explications qui ont motivĂ© la mise en dĂ©tention de M. Dahan, il me semble qu’on pinaille sur des dĂ©tails au sujet de la dĂ©finition prĂ©cise de la lĂ©gitime dĂ©fense »
Evidement si on pinaille sur les circonstances de la mort d’un homme (tout cambrioleur soit il), ou va t’on ?
La lĂ©gitime dĂ©fense a une dĂ©finition juridique point barre. Soit les conditions en sont rĂ©unies, soit elles ne le sont pas. C’est au juge d’instruction d’enquĂŞter la dessus, pas au ministre de l’intĂ©rieur.
Ensuite, si les conditions ne sont pas rĂ©unies, il est Ă©vident que la justice tiendra compte de l’agression dont mr dahan a Ă©tĂ© victime lorsqu’il s’agira de sanctionner.
Mais entendre dire qu’on pinaille alors qu’il y a mort d’homme.
22 novembre 2006 à 0:27
Malheureusement la France est le pays de tous les pinaillages, volontaires et contrĂ´lĂ©s ou pas, avec mort d’homme ou sans.
Nous sommes arrivĂ©s Ă un tel disfonctionnement de nos institutions et Ă un tel dĂ©sintĂ©rĂŞt du citoyen qu’il est nĂ©cessaire pour nos « dirigeants », Ă mon avis, de tenir compte de tout, y compris de l’opinion publique, laquelle rĂ©agit principalement aux informations qu’on a bien voulu lui fournir.
Mes propos vont peut-ĂŞtre vous choquer, mais une « mort d’homme » est aujourd’hui souvent un dĂ©tail qu’on oublie vite ou dont on parle Ă peine dans certaines affaires.
Ce qui me gĂŞne dans vos propos, ou plutĂ´t ce qui nous diffère, c’est que vous avez un esprit et une rĂ©flexion de juriste, je me permets de dire sans vouloir vous offenser, une rĂ©flexion thĂ©orique sur les faits, ce que je n’ai pas. Vous avez des rĂ©fĂ©rences qui sont Ă©crites noir sur blanc (les lois).
Mes rĂ©fĂ©rences, ma rĂ©flexion, c’est ce que je vois et ce que je comprends de la sociĂ©tĂ© dans laquelle je vis. Certes les lois sont indispensables mais elles sont Ă mes yeux trop souvent interprĂ©tĂ©es et adaptĂ©es non pas Ă l’usage de la sociĂ©tĂ©, mais Ă l’usage de ceux qui dĂ©tienne un vrai pouvoir dans notre sociĂ©tĂ©.
Pour moi, dire que la la lĂ©gitime dĂ©fense Ă une dĂ©finition juridique ce n’est que d’avoir mis quelques mots sur des situations qui peuvent prendre des tournures infinies et exclure l’aspect psychologique de la situation.
Cela dit, sur le fond je suis d’accord avec vous sur le fait qu’un ministre ne devrait avoir Ă s’immiscer dans une affaire en cours, mais NS a compris que l’opinion publique s’est rendu compte que lorsque la justice s’est jetĂ© sur quelqu’un, rien ni personne n’est lĂ (sauf les mĂ©dias) pour vĂ©rifier s’il n’y a pas une dĂ©rive. L’affaire d’Outreau en est un exemple.