Suite de l’affaire Techland, sanction disciplinaire contre l’avocat de la sociĂ©tĂ©
Il ya quelques mois de nombreux sites s’Ă©taient faits l’Ă©cho de courriers adressĂ©s par l’avocat d’une sociĂ©tĂ© prĂ©tendant avoir Ă©tĂ© victime de piratage d’un de ses logiciels.
Le contenu menaçant et incitant au paiement d’une somme de 400 € pour Ă©viter des poursuites avait Ă©tĂ© dĂ©noncĂ© comme contraire aux principes rĂ©gissant la profession d’avocat.
J’avais rappelĂ© les obligations de l’avocat lorsqu’il entre en contact avec le contradicteur de son client
Le Conseil de l’Ordre du Barreau de Paris s’Ă©tait saisi de l’affaire.
La dĂ©cision disciplinaire vient de tomber pour l’avocat en question (page 51 du Bulletin Ă paraĂ®tre le 4 mars 2008):
La formation de jugement n°3 a eu à connaître de faits concernant un confrère qui, avocat d’une société étrangère propriétaire de droits d’auteur sur un jeu vidéo, a signé une série de lettres mécaniquement adressées à de multiples particuliers soupçonnés d’avoir téléchargé illégalement ce jeu sur internet.
Dans sa mise en demeure, l’avocat laissait à ses interlocuteurs un délai de 14 jours pour lui adresser un engagement écrit de ne pas télécharger ni mettre à disposition le jeu concerné et pour en effacer ou supprimer toute copie.
Au surplus, l’avocat sollicitait le paiement d’une somme de 400 euros en compensation des pertes de sa cliente, la dite somme devant être versée sur un compte bancaire ouvert à son nom, et joignait un formulaire de paiement.
Le conseil a estimé qu’en recopiant des modèles de mises en demeure étrangers, l’avocat avait volontairement omis d’inviter certains destinataires à consulter un conseil ce qui constitue une violation de l’article P 8.01 du RIBP.
Choisissant de reproduire une formulation agressive, destinée à provoquer des paiements, l’intéressé a également violé les dispositions de l’article 8.2 du RIN qui précise que l’avocat s’interdit toute présentation déloyale de la situation et toute menace.
En proposant un encaissement des règlements sur un compte autre que la Carpa, l’avocat a également violé les dispositions de l’article P75.2 du RIBP.
Enfin, en refusant de rendre compte à la formation de jugement des encaissements ainsi réalisés, alors qu’elle l’avait été interrogée à deux reprises sur ce point, il s’est soustrait à ses obligations déontologiques.
Décision : interdiction temporaire d’exercice de la profession d’avocat pendant une durée de 6 mois assortie de sursis. Privation du droit de faire partie du conseil de l’Ordre, du CNB et des autres organismes professionnels pendant une durée de 10 ans.
Je tiens Ă prĂ©ciser pour Ă©viter toute difficultĂ© que cette dĂ©cision est susceptible de recours par le confrère concernĂ© et n’a donc a priori aucun caractère dĂ©finitif.
3 mars 2008 à 12:23
C’est pas ce qu’on appelle un boomerang ?
(pour info, je t’ai taguĂ©, cher Maitre !)
3 mars 2008 à 12:28
Merci bien Monsieur le politicien, tu te présentes sur une liste aux municipales ?
6 mars 2008 à 18:45
Vraiment ca donne envie d’avoir des ennuis et de se faire dĂ©fendre par toi
tu maîtrises, changes pas 
Aller hop ! dans les favoris !
26 juin 2009 à 21:09
[...] des IP a finalement été rétractée, l’avocat dont il s’agit vient de faire l’objet de sanctions disciplinaires de la part de l’Ordre des Avocats du Barreau de [...]