Un petit moment d’émotion

Un vendredi soir devant la Cour d’assises mineurs: 8 jeunes hommes aujourd’hui âgés de 21 à 27 ans sont jugés pour avoir commis des violences volontaires ayant entraîné la mort d’un jeune homme de 15 ans sans intention de la donner, en réunion et avec arme en 2001.

Après 6 jours d’audience, les plaidoiries de la défense viennent de se terminer et le Président donne donc la parole aux accusés pour une dernière déclaration avant que la Cour ne se retire en délibéré.

Les uns après les autres, ils balbutient quelques mots dont certains plus que maladroits « j’voudrais dire à la famille que je m’excuse pour l’accident … ». En fait d’accident, la victime est décédée après avoir reçu plusieurs coups dont l’un au moins au moyen d’une bate de base-ball qui lui a fracturé la boîte cranienne comme une simple coquille d’oeuf.

Puis vient le tour du dernier accusé.

Le ton est différent, il est en pleurs, il tremble (logique, on vient de requérir 5 années d’emprisonnement contre lui), ses larmes tâchent son pullover gris clair. Malgré tout il a des mots touchant pour la famille. Il paraît finalement le plus sincère de tous, les autres n’ayant visiblement rien compris de la leçon à tirer de cette affaire.

La Cour se retire enfin pour délibérer. A la sortie de l’audience, la mère de la victime explique à son avocat qu’elle a trouvé ce jeune homme sincère et qu’en conséquence elle est prête à lui pardonner.

Le verdict tombe après 6 heures de délibéré: 4 acquittements, 3 condamnations à 7 années d’emprisonnement. Quant au jeune homme évoqué ci-dessus, il écope de 4 années d’emprisonnement dont 3 avec sursis et la Cour ne délivre pas de mandat de dépôt à l’audience. Il est donc libre dans l’attente de l’execution de sa peine. Sa mère est soulagée.

L’avocat de la mère de la victime se dirige vers lui et lui explique que sa cliente a été touchée par ses paroles et qu’elle le pardonne. De façon surprenante, il demande alors à pouvoir la rencontrer.

Après quelques mots, il fini dans les bras de cette mère pourtant eprouvée par la perte de son fils unique et lui demande son adresse afin de lui envoyer le courrier qu’il avait préparé à son attention pendant l’instruction de l’affaire.

Ce post n’a d’autre but que de raconter ce petit moment qui fait pourtant du droit pénal une véritable aventure humaine même dans des dossiers particulièrement difficiles.

4 commentaires pour “Un petit moment d’émotion”

  1. erasoft dit :

    * petite larme *

    Doit être émouvant de voir ça. Un peu trop pour moi :)

  2. longlongjohn dit :

    C’est celà qu’ils ne comprendront jamais. Qui ils ? Les Sarkozy, les Perben, tous les fossoyeurs de l’idée de pardon, de rachat. Des technocrates inhumains, engoncés dans leur suffisance et leurs certitudes.
    J’en veux à mort à Chirac, pourtant en apparence humaniste, de partir en livrant notre société à ces fossoyeurs, Fouquier-Tinvilles du 21ième siécle.

  3. Rires dit :

    Si vous avez vos entrées au prix Nobel de la Paix il faudrait peut être inetervenir!

    Comment peut on retenir « violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner » alors que l’acharnement doit durer tant que la victime bouge encore?

  4. zadvocate dit :

    En l’espèce, la victime a été frappée à plusieurs reprises puis laissée au sol pendant que ses agresseurs poursuivaient d’autres jeunes.

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